TANACARESSE: CENTRE DE RELAXOLOGIE

Documentations scientifiques sur le toucher et les caresses

L'ocytocine et le toucher

La peau chez les humains et les animaux véhicule constamment des informations du monde extérieur au système nerveux et constitue l'organe de sens le plus grand. Elle enregistre la chaleur, le froid, le toucher et la douleur. Chacune de ces sensations est recueillie par les récepteurs appropriés et mise en connexion avec le système nerveux sensitif, qui conduit les impulsions au système central (voir chapitre 4). Grâce à cette « interface », nous pouvons interpréter des messages du monde environnant, qu'ils soient menaçants ou agréables. Nous pouvons facilement distinguer le coup brutal de la caresse affectueuse. Nous transpirons ou manifestons la chair de poule scion l'interprétation des signaux envoyés au système nerveux central.

L'effet double du toucher

La peau possède différents types de récepteurs ; certains enregistrent la douleur, d'autres la chaleur ou le froid et d'autres encore un toucher léger. Lorsque les récepteurs de douleur réagissent à un toucher lourd, un coup, ou une chaleur excessive, un nerf activé envoie le message au cerveau, et d'autres réactions sont déclenchées en conséquence : instinctivement, nous écartons la source de la douleur, ou nous en dérobons en retirant la main ou en sursautant. Dans ce cas, la douleur est suivie par la réaction réflexe lutte-ou-fuite.

La recherche récente montre que le toucher peut activer un ensemble de réponses, totalement différentes de cette réaction familière de lutte-ou-fuite, qui a été étudiée de façon exhaustive. Un toucher agréable et une bonne chaleur activent la réponse calme-et-contact et apportent une sensation de bien-être. Ces effets ne sont pas aussi immédiats que ceux du système complémentaire, mais ils sont souvent plus durables.

Lorsque les nerfs répondant à la douleur et au toucher sont stimulés sur des rats sous anesthésie, il y a augmentation de l'activité du système nerveux orthosympathique, suivie d'une hausse de la tension artérielle et du rythme cardiaque. Le taux des hormones du stress (noradrénaline, adrénaline et cortisol) augmente de pair. Par contre, lors de la stimulation des nerfs concernés par le toucher doux et la chaleur, il y a diminution de la tension artérielle, du rythme cardiaque et du niveau des hormones de stress. En même temps, il y a augmentation du niveau de plusieurs hormones digestives (comme l'insuline), contrôlées par le système parasympathique, aussi bien que du niveau de l'ocytocine.

Sous sédation profonde, les animaux étudiés n'étaient pas conscients de sensations agréables ou désagréables, donc il n'y avait pas de mouvements à constater. Lors de l'application d'un stimulus douloureux appliqué aux rats à l'état de veille, ils donnaient un coup de patte, essayaient de s'enfuir ou même se figeaient sur place. Caressés sur le ventre avec une certaine pression et à une certaine fréquence, ils devenaient moins sensibles à la douleur et moins peureux. La vitesse de quarante passages à la minute, pendant un peu moins de cinq minutes, était la plus efficace. Les rats devenaient plus calmes et moins actifs, tout en étant plus curieux et en s'intéressant plus les uns aux autres. Leur tension artérielle diminuait et restait basse pendant plusieurs heures.

Ces expériences montraient comme la stimulation de certains nerfs sensitifs pouvait provoquer ou la réaction lutte-ou-fuite ou la réponse calme-et-contact, prouvant que ces deux systèmes peuvent être mobilisés par des récepteurs cutanés dans presque toutes les parties du corps. Ces différentes sortes de stimulus peuvent produire des effets physiologiques et comportementaux différents. Comme nous le verrons, ces effets ont des applications possibles dans des thérapies médicales et psychologiques.

L'ocytocine en tant que clé

Nous avons vu que les femmes et les mammifères qui allaitent deviennent plus calmes et moins stressés ; la recherche sur les récepteurs cutanés montre qu'une autre forme de stimulation cause le même effet. Le toucher peut, dans certaine conditions, susciter des réactions similaires chez les deux sexes. Les piqûres d'ocytocine chez des animaux produisent cet effet et laissent supposer que c'est la libération de l'ocytocine par le toucher qui active le système calme-et-contact, comprenant les changements comportementaux et physiologiques déjà détaillés. Différentes sortes de toucher influencent le système de l'ocytocine de la même façon que l'administration de l'ocytocine elle-même. Il y a la confirmation du lien entre le toucher et l'ocytocine car l'administration d'un antagoniste de l'ocytocine empêche la plus grande tolérance à la douleur normalement manifestée sous ocytocine.

Un éleveur de vaches laitières en Allemagne, ayant conçu une brosse (comme pour laver les voitures) pour caresser ses vaches, illustre bien l'effet du toucher. Les animaux devenaient plus détendus, semblaient en meilleure santé et produisaient 26 % de lait en plus.

Il est intéressant de noter que lors des expériences sur des rats, il est plus facile d'induire l'effet calme-et-contact (par exemple, une baisse de la tension artérielle) en caressant le ventre plutôt que le dos.Il se peut que le dos soit davantage lié aux mécanismes de défense, puisque l'absence de vue ne permet pas (l'évaluer facilement le danger de ce qui se passe « derrière son dos ». En plus, les nerfs en connexion avec l'allaitement partent directement du ventre jusqu'au système nerveux central par le nerf vague. Ces nerfs n'empruntent pas la moelle épinière, mais passent d'emblée au cerveau ; ceci expliquerait l'efficacité supérieure des caresses sur le ventre. Pourtant, lorsque j'aborderai le sujet du massage, j'expliquerai comment les massages du dos procurent l'envoi de messages extrêmement calmants au système nerveux.

Le toucher et la croissance

Le toucher régulier et agréable non seulement induit un état de calme mais aussi favorise la croissance. Des bébés ratons, séparés de leur mère, poussent moins bien que ceux qui continuent à recevoir les soins d'elles. En revanche, lorsqu'ils sont brossés doucement, il y a une amélioration de leur croissance ; même les adultes dont la croissance a été retardée par une réaction au stress peuvent rattraper le terrain perdu avec un traitement similaire.

Le toucher est bon pour la croissance et la santé humaines. Pendant des décennies, les études sur les enfants en institution ont montré que la nourriture ne suffit pas à assurer une croissance saine. Sans contact corporel, les processus de digestion sont perturbés et les enfants maigrissent, malgré une alimentation adéquate. Cette « impossibilité à prospérer » peut mettre la vie en danger.

Une explication du lien entre le contact et la croissance serait l'augmentation de la production de l'hormone de croissance dans l'hypophyse (lobe antérieur), processus affecté par l'ocytocine qui favorise également le stockage de nutriments, matière première de toute croissance.

Kerstin UVNÄS MOBERG (Pr.)

Kerstin Uvnäs Moberg est professeur de physiologie et de pharmacologie à Stockholm. Elle est aussi chercheur à l'Institut Karolinska (Suède). Elle donne des conférences dans le monde entier. Ses recherches sont très suivies par les professionnels (obstétrique, psychologie, pédiatrie, école de massage.


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Dans une étude récente, publiée dans le Sunday Times, l'Université de Caroline du Nord a remarqué que caresser le cou, le dos ou les mains d'une femme permettait de faire autant baisser sa tension qu'avec des médicaments contre le stress. Les scientifiques qui ont mené cette étude ont découvert que les caresses augmentaient le taux d'ocytocine - une hormone calmante.

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Les caresses contre le stress

 
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LaNutrition.fr, le 22/01/2009

Faites l'amour pas la guerre ! Soyez autant affectueux pour éviter le stress.  Une nouvelle étude montre que les couples qui se caressent aussi en dehors des relations sexuelles sont moins stressés.
 
Des chercheurs américains ont comparé les niveaux de stress et de tension artérielle en fonction de la pratique des caresses régulières au sein du couple.
 
Pendant quatre semaines, ils ont demandé à des couples de se caresser les épaules, le cou et les mains à raison de trois séances hebdomadaires d'une demi-heure. Puis, les chercheurs ont mesuré leur niveau salivaire d'ocytocine (aussi appelée « hormone de l'amour ») et d'alpha amylase, deux substances associées à la maîtrise du stress.
 
Résultat : les couples pratiquant les séances de caresses présentent des taux de ces deux hormones plus élevés et une tension artérielle légèrement plus faibles après un mois d'expérience. Les chercheurs ont ainsi évalué que les caresses baissent le niveau de stress.
 
Alors pourquoi s'en priver ? A bon entendeur…
 
Holt-Lunstad J, Birmingham WA, Light KC. Influence of a "warm touch" support enhancement intervention among married couples on ambulatory blood pressure, oxytocin, alpha amylase, and cortisol. Psychosom Med. 2008 Nov;70(9):976-85.



21/05/2009
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